juin 16 2021
Flugzeug mit Pestiziden fliegt über ein Feld

Comment l’accord UE-Mercosur entraîne une utilisation accrue de pesticides

Qui ne les aime pas, les mangues, les papayes ou les citrons verts ? Les fruits tropicaux sont de plus en plus populaires et on les trouve désormais dans tous les supermarchés. Mais le consommateur peut-il en profiter en toute confiance ? Dans ce contexte, l’accord de libre-échange UE-Mercosur joue un rôle important. La VSZ vous dit à quoi faire attention.

Le projet d’accord Mercosur est un traité commercial entre l’UE et les Etats sud-américains que sont le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay.

Les Etats d’Amérique du Sud espèrent augmenter leurs exportations agricoles vers l’Europe. L’UE, quant à elle, exporte vers l’Amérique du Sud des produits technologiques de haute qualité, des pesticides, des voitures et d’autres biens.

Cet accord commercial est toutefois très controversé, car il va encore accroître la destruction de l’environnement et les violations des droits de l’homme. L’augmentation des exportations agricoles signifie que davantage de forêts tropicales seront détruites, que davantage de personnes seront déplacées et que davantage de pesticides seront pulvérisés.

Pesticides dans les fruits tropicaux

En avril et mai, Greenpeace a fait tester en Allemagne 5 fruits différents provenant d’Amérique du Sud, à savoir des mangues, des papayes, des melons, des figues et des citrons verts.

Au total, 70 fruits ont été testés, dont 59 contenaient des résidus de pesticides, soit 84 %. Parmi ces 59 fruits, 4 ont clairement dépassé les limites autorisées.

Selon Greenpeace, 915 millions d’euros de pesticides ont été exportés de l’UE vers la région du Mercosur en 2019. Plus de deux tiers de ces produits sont classées comme substances hautement dangereuses. Certains de ces pesticides sont interdits en Europe, mais continuent d’être utilisés en Amérique du Sud. Et l’utilisation de pesticides, par exemple, est accrue par cet accord commercial – souvent avec de graves conséquences.

Conséquences de l’utilisation des pesticides

« Parmi les récentes tragédies liées aux pesticides au Brésil, les plus dramatiques sont peut-être celles qui impliquent la pulvérisation de substances actives sur des villages. Dans de nombreux cas, il s’agit de crimes avérés. Autrement dit les pesticides ont été utilisés comme des armes chimiques », explique Larissa Bombardi, professeur de géographie à Sao Paulo, dans une interview accordée à l’organisation environnementale Greenpeace.

Les problèmes de santé vont des vomissements et des maux de tête aux malformations du fœtus, aux difficultés de reproduction et au cancer.

Qu’est-ce qui doit changer ?

Les experts demandent l’interdiction au Brésil de ces pesticides qui sont déjà interdits en Europe. Les pulvérisations aériennes doivent cesser et les subventions pour les pesticides doivent être supprimées. Il convient de promouvoir les structures agricoles à petite échelle dans les campagnes et, surtout, d’agir sur la concentration de la propriété foncière.

Que peuvent faire les consommateurs à ce sujet ?

En principe, les consommateurs devraient préférer acheter des fruits et légumes de saison et régionaux.

S’il faut absolument des fruits exotiques, il faut les laver soigneusement avant de les consommer. Bien entendu, cela vaut en principe pour tous les fruits et légumes.

Exigences vis-à-vis de la politique

En Belgique, la plateforme « Stop UE-Mercosur » appelle les différents gouvernements belges à s’exprimer contre le projet d’accord de libre-échange Mercosur. Outre la VSZ, le front commun syndical, Oxfam, Greenpeace, Entraide et Fraternité et Attac DG ont également rejoint la plateforme Stop UE-Mercosur.

 

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