novembre 07 2017

L’enfant au point de départ de la normalisation

23.03.2016 – Le “Gezinsbond” revendique une “norme enfant” pour améliorer la qualité de l’air. Le “Gezinsbond” est un organisme défendant les intérêts des familles en Flandre et à Bruxelles.

Après ces quelques mois d’hiver, les enfants ont hâte de voir apparaitre les premiers rayons de soleil du printemps afin de pouvoir courir dehors et respirer un bol d’air frais. Frais ? Peut-on dire que l’air est frais sachant qu’en 2012, d’après l’Agence Européenne pour l’Environnement, le nombre de décès prématurés causés par la pollution de l’air s’élevait à 432 000 en Europe (dont plus de 11 000 en Belgique). Cependant, 144 000 de ces décès auraient pu être évités si les normes européennes concernant la qualité de l’air suivaient les concentrations en polluants recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Mais ces normes européennes, c’est quoi ?

Une norme est un document regroupant diverses informations techniques sur un produit, un service ou un processus en vue d’une utilisation commune et répétée.

Les normes existent au niveau national, européen et international et sont issues d’un consensus de commissions durant lesquelles différents experts des parties prenantes (entreprises, autorités, secteurs sociétaux et secteurs académiques) s’accordent sur les caractéristiques d’un produit, service ou processus. Le Bureau de Normalisation est l’organe belge de la normalisation.

Une norme n’est pas obligatoire mais elle reflète les bonnes pratiques à avoir pour la conception du produit. Elle est donc très importante pour assurer la sécurité, la qualité, la facilité d’utilisation et l’impact environnemental auprès du consommateur. Toutefois, une norme peut être rendue obligatoire si elle est référencée dans une loi ou une réglementation.

Lors des discussions sur la qualité de l’air, la santé de la population n’a pas été suffisamment prise en compte : en effet, les valeurs limites de concentrations de polluants sont supérieures à celles préconisées par l’OMS. Pourtant, cet air, tout le monde le respire et plus particulièrement les enfants, qui passent plus de temps à l’extérieur qu’un adulte. De plus, les enfants sont plus sensibles aux infections respiratoires.

Et les enfants dans tout ça ?

L’air n’est qu’un exemple pour lequel les normes ont été fondées sur les capacités physiologiques de l’adulte alors qu’il concerne également l’enfant. Les normes de nombreux produits de notre vie quotidienne sont établies sur les valeurs limites d’un homme adulte alors que ces produits sont proches de nos enfants.

Le « Gezinsbond », organisme défendant les intérêts des familles en Flandre et à Bruxelles, revendique la position centrale de l’enfant dans le processus de normalisation via la notion de « kindnorme » (=norme enfant). Il participe également au projet européen « ChildProtect » qui vise à protéger les enfants des perturbateurs du système endocriniens présents dans leur environnement.

Les enfants sont plus fragiles que les adultes, leur corps est en pleine croissance et leur organisme  en cours de développement. En plus de ces différences physiologiques, les enfants n’ont pas toujours conscience des dangers qui les entourent et des conséquences qui pourraient en découler pour leur avenir. C’est pourquoi, prendre l’enfant comme référence pour établir les normes permettrait de mieux veiller à leur sécurité dans la vie quotidienne et pas seulement dans leurs zones réservées (écoles, crèches, plaines de jeux,…). Par ailleurs, l’adaptation des normes au maillon le plus vulnérable de notre société ne peut être que profitable à l’ensemble des consommateurs.

Source: Bénédicte Valet, AB-REOC

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